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Changer ses habitudes vers plus d'autonomie: par où commencer?


De "Citadin" à "Heïdi dans la montagne"... Est-ce aussi simpliste?

Depuis un moment déjà, notre petite famille et maison sont devenus un laboratoire concret autour de la transition: comment et par où commencer ? Nous avions des acquis grâce à nos métiers respectifs, mais l'envie de partager avec vous nos pas trébuchants et nos petites victoires dans un mode de vie plus conscient. Comme dit souvent mon acolyte et compagnon, Fabian, "Il est urgent de ralentir".


Avant, dans une vie lointaine, il y avait le jambon sous vide, le shampoing de la pub, l'anti-douleur rapide pour les maux de tête et la file au supermarché le samedi. Il y avait cette poubelle, autant remplie d'emballages que le frigo ne comportait de denrées.

(Et celle poubelle emportée le lundi, puis l'autre lundi, puis le suivant... durant des dizaines d'années, sans savoir ce que devenaient nos déchets.)


Il y avait les "Faut racheter du dentifriiiiice" depuis la salle de bain, les éviers-vaisselle pleins de mousse comme à la télé, les épices fades de grande surface.

Avant, il y avait la culpabilité de s'offrir un masque pour cheveux de plus, car "Je le vaux bien", surtout si c'est Miss Monde qui le dit. Et le gel anti-cellulite à 60 euros, parce que les précédents n'ont pas fonctionné. Hum...


(Et hop, un délicieux cocktail de pétrole et de plastique dans les cuisses. Ah ça, c'est sûr qu'elles sont liftées, les jambes, drainées au silicone.)


Avant, il y avait le Roundup (si jardin il y avait), les œufs de batterie, le pain blanc qui ne remplit pas son homme.


Et il y avait aussi les emplois qui nous exploitent, les patrons qui te font avancer à coups de menaces, des tâches qui n'ont pas de sens, quelques soient les suggestions constructives d'organisation que nous pouvions proposer.


Puis, petit à petit, on pense à ces enfants à qui on laissera notre terre et à qui on transmet des "valeurs" de consommation, de vie, d'apprentissage, de travail, d'alimentation, de vivre-ensemble, d'économie. Des enfants qui mettent à jour nos incohérences au moindre geste, par des questions d'une déroutante évidence.


Le cheminement devient de plus en plus pressant et nous pousse à changer nos habitudes et à aligner nos utopies à nos actes.

Non, on ne retourne pas vivre dans les cavernes avec a torche, la peau de bête et un os dans les cheveux.


Nous avons toujours l'électricité, les trajets en calèche ne sont pas encore d'actualité et nous avons même ... des ordinateurs, téléphones etc. (pas de télévision, ça vraiment, non). Le tout est dans la pertinence et le choix de ces "objets", éventuellement leur fabrication, leur provenance...


Il y a tant à apprendre, à découvrir, à "déconstruire" dans nos gestes et nos croyances, que "changer" peut donner le tournis. On ignore par où débuter, à qui s'adresser, que croire dans ce qu'on nous vend comme produit. Enfin, surtout, on se dit qu'on va régresser au temps des cavernes et que quand-même, le confort et la technologie, c'est bien.


Pour d'autres, le sentiment d'urgence à changer leur monde intérieur et extérieur est tel qu'il peut pousser à courir comme un poulet sans tête : vite vite, tout changer! Le stress et le burn-out pointe là aussi le bout de son nez.


Il arrive que le sentiment d'impuissance et de colère embrase le tout : comment a-t-on laissé faire de tels dégâts et comment pourrait-on y changer quelque chose, à ce stade ? On se sent petit et incapable.


Enfin, les ébauches de raisons qui poussent à modifier nos pratiques ne sont pas toujours assez "fortes" comparées au nombre d'années que nous avons passées à fonctionner inconsciemment. Les articles, films et reportages à ce sujet ont beau être nombreux, il faut cependant beaucoup de persévérance pour changer de cap. Cela nécessite d'être convaincu de la nécessité de ces modifications.


C'est un peu comme commencer du sport: on y va le lundi, le mardi, puis le mercredi on a déjà oublié pourquoi on a commencé. Jusqu'à la douloureuse piqure de rappel. Le cycle recommence jusqu'à ce qu'on ait une réelle raison, profonde, de maintenir le cap.

Certes, dans notre pays, nous ne mourons pas de faim et avons accès à presque tout. Est-on vraiment prêt à modifier nos habitudes? Pourquoi? Quel est le prix réel de notre confort et de cette technologie, l'impact sur la nature et les générations à venir?


Pratiquer, simplement, donne directement goût au plaisir que procure chaque progrès. De nouvelles sensations à portée, un sentiment de réalisation de soi, vers davantage de simplicité, pour le bienfait de beaucoup d'autres.


Pourquoi et comment passer de ce "Avant" à un aujourd'hui plus conscient, sans tout bousculer?

Pour nous encourager à changer, nous nous posons toujours la question suivante :

D'où vient chaque chose que je fais entrer chez moi ou dans moi, et où va chaque chose que je produis ou fais sortir de moi ou de chez moi?


C'est un bon début pour les premiers changements: il permet de voir autrement les déchets, les aliments que nous consommons, le sens de certaines productions, l'impact de nos actions et décisions.


Dans chaque secteur, il est possible d'approfondir les connaissances, selon nos affinités. Certains se consacreront à la production d'une énergie verte, d'autres à la production de légumes protégés des pesticides, d'autres à la réalisation de produits cosmétiques responsables et bénéfiques pour le circuit entier (de la terre à la personne), d'autres encore à une médecine plus naturelle, qui tient compte de l'ensemble des signaux plutôt que de les faire taire, d'autres encore à la réalisation de circuits d'entraide et de partage de services ou de connaissances. Il y a mille et uns sujets auxquels s'intéresser.


A la maison, une première réflexion peut être faite sur chaque objet ou produit acheté, consommé, utilisé, reçu. Compte-il? Pourquoi? Êtes-vous entièrement d'accord avec l'existence de cet objet / produit dans votre environnement (physique, mental, santé...) ? Connaissez-vous sa composition, les effets de ses ingrédients sur vous ou votre espace ?


Il n'est pas là question de tout enlever ou de tout connaître / comprendre. Mais de réaliser l'inconscience avec laquelle nous avons pris l'habitude de consommer et vivre avec des substances totalement inconnues. Il est question de réaliser que les déchets que nous produisons ne disparaissent pas une fois emportés dans le camion.


Une belle démarche qui peut donc à l'avenir vous accompagner dans le tri ou le choix de ce que vous faites entrer chez vous ou dans votre corps, dans votre maison, votre jardin, votre terre.